Observateur 23/05 du 10 novembre 2005

Entretien avec Chantale Galladé, conseillère nationale du SP de Zurich

Observateur : Des parents divorcés, souvent en désaccord, peuvent-ils vraiment collaborer pour le bien-être de l’enfant ?
Chantal Galladé : La loi ne peut pas résoudre les conflits interpersonnels. Mais un couple ne divorce pas parce qu’il n’arrive pas à se mettre d’accord sur la garde de son enfant. Les raisons de la séparation sont sans importance en matière de garde partagée. Même un couple en désaccord peut être un bon parent.

Observateur : À l’avenir, une mère devra justifier sa demande de garde exclusive. Est-ce logique ?
Galladé : Oui. Et il ne s’agit pas d’étaler sa vie privée au grand jour. Si j’éloigne le père de mon enfant, cela nécessite absolument une justification. La réglementation actuelle favorise les abus de pouvoir.

Observateur : Les pères qui se battent pour la garde de leurs enfants ne sont-ils pas aussi une question de pouvoir ?
Galladé : Je pars du principe que les parents agissent dans l’intérêt supérieur de leurs enfants. Les pères se battent pour la garde parce qu’ils veulent assumer leurs responsabilités. La réglementation actuelle pénalise les pères qui s’investissent auprès de leurs enfants.

Observateur : Certaines de vos collègues féminines du parti ont un avis différent : elles estiment que les femmes ont des raisons de ne pas vouloir partager la garde de leurs enfants avec les pères.
Galladé : Nous avons sans doute des conceptions différentes de l’égalité. Je crois que les deux parents ont des droits égaux et restent parents après une séparation. La loi devrait clairement encadrer cela. Si l’on part du principe que la mère est désavantagée, on renforce l’image de la femme impuissante.

Observateur : Lorsque la mère a la garde exclusive, le père est autorisé à voir l’enfant régulièrement, si elle le permet.
Galladé : Il est inadmissible que la mère puisse dicter cela. Normalement, il faut instaurer une relation d’égalité entre les deux parents. Ainsi, les enfants ne peuvent pas servir de monnaie d’échange dans les conflits. Pour les couples mariés, qu’ils soient en instance de divorce ou non, cela ne change rien : les deux parents ont des droits de garde. Mais les parents restent parents pour la vie, qu’ils soient divorcés, célibataires ou mariés. Par conséquent, la relation père-enfant doit rester intacte.