Écoles, professionnels de santé et structures d'accueil de la petite enfance : les droits des parents et les modalités d'accès à l'information.
Les parents restent parents, même après une séparation ou un divorce. En principe, les deux parents devraient être informés du développement et du bien-être de leur enfant. Pourtant, il arrive que des mères et des pères soient privés d'informations. La loi suisse leur confère des droits importants.

Droit à l’information – même sans garde parentale

Dans la pratique, on disait souvent aux parents par le passé : « Mais vous n’avez pas la garde. » Le Code civil contient une disposition explicite à ce sujet : l’article 275a accorde aux parents n’ayant pas la garde un droit indépendant à l’information et à l’accès à cette information. La loi protège ainsi leur capacité à participer à la vie et au développement de leur enfant.
Les parents exerçant la garde partagée ont également le droit d’obtenir les informations nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités. Bien que les bases juridiques ne soient pas identiques en tous points, l’accès à l’information ne doit pas dépendre uniquement du parent chez qui l’enfant réside principalement.

Que réglemente l'article 275a du Code civil suisse ?

Le paragraphe 1 oblige le parent ayant la garde à informer l'autre parent des événements importants survenant dans la vie de l'enfant et à le consulter avant toute décision importante concernant son développement. Ceci ne lui confère toutefois pas un droit à la codécision.

Le paragraphe 2 donne aux parents qui n'ont pas la garde parentale le droit d'obtenir des informations sur la situation et le développement de l'enfant auprès des tiers impliqués dans les soins de l'enfant, de la même manière que le titulaire de la garde parentale.

Le paragraphe 3 précise que les limites de ces droits sont définies par les restrictions relatives aux contacts personnels. Le bien-être de l'enfant et sa protection contre les atteintes à ses droits sont d'une importance particulière.

Quels sont les experts requis pour fournir des informations ?

La loi mentionne explicitement les enseignants et les médecins. Cette liste n'est pas exhaustive. Selon la nature de la tâche, d'autres professionnels directement impliqués peuvent également être pris en compte, tels que ceux des crèches, des services de soutien scolaire ou des thérapeutes.

Les informations visées à l'article 275a, paragraphe 2, du Code civil suisse (ZGB) ne requièrent généralement pas le consentement de l'autre parent. Un professionnel ne peut donc refuser de les fournir au seul motif de l'absence de garde parentale. Toutefois, cette obligation se limite aux informations relevant de son domaine de responsabilité concernant la situation et le développement de l'enfant ; tous les professionnels intervenant auprès de l'enfant ne sont pas automatiquement tenus de fournir ces informations.

Des règles spécifiques s'appliquent, notamment en ce qui concerne la confidentialité des informations médicales et thérapeutiques. Le respect des droits de la personne et du secret professionnel – en particulier lorsqu'il s'agit d'enfants capables de discernement – ​​doit être garanti. Les restrictions officielles ou judiciaires en vigueur doivent également être prises en compte.

La responsabilité incombe au sponsor – mais il n'est pas nécessaire de repartir de zéro à chaque fois

Le droit à l'information relève généralement de la responsabilité individuelle : les parents doivent prendre l'initiative d'échanger des informations. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement que chaque bulletin scolaire et chaque notification importante doivent faire l'objet d'une demande individuelle.

Concernant le secteur scolaire, les directives cantonales précisent qu'une simple manifestation d'intérêt peut suffire pour recevoir des mises à jour régulières. Il est conseillé d'adresser une demande écrite, en précisant les coordonnées de l'établissement et en demandant l'organisation des échanges ultérieurs. Toutefois, cette démarche ne donne pas automatiquement droit à l'établissement à la réception de tous les documents ni des nouveaux rapports. Dans d'autres secteurs, comme la médecine, les procédures peuvent différer.

De quelles informations s'agit-il ?

Dans le contexte scolaire, par exemple, cela inclut les bulletins scolaires, le suivi des apprentissages, les mesures de soutien et les étapes importantes du développement ; dans le domaine de la santé, les informations relatives à l’état de santé et aux traitements, sous réserve du respect des conditions légales. Les informations privées concernant l’autre parent ne sont généralement pas incluses. Par ailleurs, le droit à l’information n’implique pas automatiquement le droit de participer à toutes les conversations ou à tous les événements.

Que faire en cas de refus ?

  • Contactez par écrit le spécialiste responsable et demandez-lui des informations sur l'état de santé et le développement de l'enfant.
  • En l'absence de garde parentale, faites explicitement référence à l'article 275a, paragraphe 2, du Code civil suisse ; en cas de garde partagée, expliquez votre propre droit de garde.
  • Veuillez préciser les informations nécessaires et demander un calendrier de livraison régulier et pratique.
  • En cas de rejet de votre demande, veuillez fournir une explication écrite et le fondement juridique cité.
  • Si nécessaire, consultez l'établissement scolaire ou l'autorité de tutelle compétente, ou un centre de conseils juridiques.

La position de VeV Suisse

Une séparation met fin au partenariat, non à la parentalité. Les parents ne peuvent assumer pleinement leurs responsabilités que s'ils sont informés du développement et du bien-être de leur enfant. VeV Suisse milite pour que les écoles, les structures d'accueil de la petite enfance et les autres professionnels connaissent ces droits et facilitent un échange d'informations objectif, dans l'intérêt supérieur de l'enfant.

Base juridique et informations

Article 275a du Code civil suisse : https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/24/233_245_233/de#art_275_a
Canton de Zurich, Droits et obligations des parents : https://www.zh.ch/de/bildung/schulen/volksschule/rechte-und-pflichten-der-eltern.html

Remarque : Ces informations sont d’ordre général et ne constituent pas une évaluation de cas particulier. En particulier, l’intérêt supérieur de l’enfant, sa capacité de discernement et les décisions officielles peuvent imposer des limitations.