Mercredi 7 novembre 2007, équipe

Depuis le 1er octobre 2007, le Danemark reconnaît également la garde partagée comme un principe fondamental, même après un divorce. À l'instar de la Belgique, de l'Italie et de l'Australie qui ont adopté des législations similaires l'année précédente, le Danemark confirme la tendance européenne en faveur de la garde partagée comme principe général.

       
 

En vertu de la nouvelle loi, les deux parents conservent la garde partagée de leurs enfants, même en cas de divorce. Ils sont tenus de s'entendre sur les modalités de garde après le divorce, notamment sur le calendrier de garde et le montant de la pension alimentaire.

La garde partagée peut être interrompue par un tribunal. Le tribunal peut juger que la garde partagée n'est manifestement pas dans l'intérêt supérieur de l'enfant, ou l'un des parents peut présenter une requête en ce sens. Si les deux parents présentent une telle requête, le tribunal est tenu de l'accepter.

Selon la nouvelle loi, le refus de la garde partagée doit être justifié par des raisons concrètes (comme des cas de maltraitance). La loi stipule que les parents partagent certaines responsabilités (comme emmener les enfants à l'école) ; toutefois, elle exige également qu'ils échangent des informations sur les besoins de l'enfant (notamment en ce qui concerne sa scolarité). Les enfants ont également davantage leur mot à dire en vertu de cette nouvelle législation, puisqu'ils seront entendus par les services de protection de l'enfance au sujet des questions de garde.

Les experts craignent désormais que l'introduction de la garde partagée comme principe n'entraîne une vague de renégociations des droits de garde. Anja Cordes, présidente de l'Association danoise des avocats spécialisés en droit de la famille et membre de la commission législative, se montre pessimiste : elle craint que les parents en conflit ne parviennent pas à dissocier leur rôle parental de leur relation conflictuelle. « Il faudra du temps avant que les parents apprennent à dissocier la parentalité de leur vie de couple et cessent de chercher à se venger l'un de l'autre par le biais de leur enfant. »

adopte un point de vue moins pessimiste Anette Hummelshøj, directrice du Département des affaires familiales, « Nous supposons qu'avec l'établissement d'une pratique juridique claire par les tribunaux, davantage de parents souhaitant divorcer pourront parvenir à un accord, avec ou sans procédure judiciaire. »

L’exemple récent du Danemark, ainsi que l’évolution de la situation en Europe, démontrent que le projet de loi sur la responsabilité parentale partagée, présenté en juin par les associations suisses de coparentalité (dont Mannschafft est un acteur majeur), n’a rien de « radical », contrairement à ce que certains lui ont reproché. Il ne s’agit plus simplement de codifier une évidence : un enfant a deux parents et, généralement, souhaite les garder même après leur séparation. Il est donc souhaitable que les législateurs suisses suivent de près l’évolution de la situation en Europe lors de l’élaboration de leur législation nationale.