La garde partagée des parents devrait devenir la norme ; le Conseil fédéral soumet à consultation une révision du Code civil

Berne, le 28 janvier 2009 – La garde partagée deviendra la norme pour les parents divorcés et non mariés, dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Le Conseil fédéral a soumis mercredi à consultation publique, jusqu’au 30 avril 2009, une révision du Code civil suisse (ZCG)

La modification proposée au Code civil suisse stipule que les parents divorcés conservent automatiquement la garde partagée de leur enfant après le divorce. Afin de faciliter l'exercice de ce droit, les parents devront soumettre leurs demandes relatives à la garde et à l'entretien de l'enfant au tribunal. Toutefois, le tribunal peut également, soit d'office, soit à la demande des parents, confier la garde exclusive à l'un des parents. Dans tous les cas, sa décision doit être fondée sur l'intérêt supérieur de l'enfant.

Pour les parents non mariés, le Code civil suisse (ZGB) révisé prévoit différentes solutions selon le lien de filiation. Si le père reconnaît sa paternité, la garde est automatiquement accordée aux deux parents. Ces derniers ne sont pas tenus de s'entendre sur les modalités de garde et d'entretien de l'enfant. En cas de désaccord, ils peuvent saisir les services de protection de l'enfance. Toutefois, le tribunal peut, à la demande de l'un ou des deux parents, confier la garde exclusive au père ou à la mère. Si le père ne reconnaît pas sa paternité, la garde exclusive est confiée à la mère. Si la filiation est établie par une décision judiciaire de reconnaissance de paternité, la garde exclusive reste confiée à la mère. Cependant, le père peut demander au tribunal la garde partagée avec la mère, si cela est dans l'intérêt supérieur de l'enfant.

Situation juridique actuelle…
Selon la loi en vigueur, en cas de divorce, la garde des enfants est confiée soit à la mère, soit au père. Toutefois, le tribunal peut également confier la garde aux deux parents, à condition que cela soit dans l'intérêt supérieur de l'enfant, qu'une requête conjointe soit déposée et que les parents présentent au tribunal un accord concernant la prise en charge de l'enfant et le partage des frais de pension alimentaire. Si les parents ne sont pas mariés, la garde est confiée à la mère. Cependant, ils peuvent obtenir une garde partagée dans les mêmes conditions que les parents divorcés.

…critiquée de toutes parts.
Cette situation juridique est critiquée depuis plusieurs années par des personnalités politiques, des universitaires et des associations de pères. Ils estiment qu'elle ne prend pas suffisamment en compte le bien-être de l'enfant, celui-ci dépendant de ses deux parents pour son développement harmonieux. De plus, les pères et les mères ne sont pas traités de manière égale. En cas de divorce, l'un des parents, généralement le père, perd son rôle de référent et de représentant de l'enfant. Souvent, il se retrouve réduit à un rôle de père financièrement responsable, bénéficiant d'un droit de visite. La garde partagée, sous sa forme actuelle, n'offre qu'un soulagement limité. Puisqu'elle repose sur une demande conjointe des deux parents, il n'est pas rare qu'un conjoint abuse de son consentement pour obtenir des avantages personnels.

Garde partagée malgré le divorce :
Lorsque la garde exclusive est accordée à un seul parent, non seulement le mariage se brise, mais la relation parentale s’en trouve également fragilisée. À l’inverse, la garde partagée permet de maintenir un partage équitable des responsabilités parentales malgré le divorce et reconnaît l’égalité des pères et des mères. Elle valorise le rôle des deux parents, qui partagent la même responsabilité dans l’éducation de l’enfant. Comme pendant le mariage, ils continuent de prendre des décisions concernant l’enfant, préservant ainsi une relation étroite et équilibrée entre l’enfant et chacun de ses parents et évitant un conflit entre l’enfant et le parent qui n’a pas la garde.

La violation du droit de visite devrait être érigée en infraction pénale.
La loi actuelle garantit au parent non gardien et à l'enfant un droit à des contacts personnels raisonnables. Or, dans les faits, le parent gardien empêche ou entrave fréquemment l'exercice de ce droit. Il n'encourt pratiquement aucune sanction, tandis que le parent qui ne ramène pas l'enfant à l'autre parent peut être poursuivi. Un amendement à la disposition pénale érigeant l'enlèvement de mineur vise à corriger cette inégalité : à l'avenir, toute personne empêchant un parent d'exercer son droit de visite devrait également être passible de poursuites.

 

 

Commentaire VeV 

La VeV (Association des organisations de consommateurs allemandes) se félicite tout particulièrement de l'ouverture du processus de consultation.
Un premier examen du projet de révision révèle des aspects très prometteurs. Il est évident que le Conseil fédéral est déterminé à corriger enfin les injustices existantes.
VeV et l'organisation faîtière pour la coparentalité, GeCoBi, examineront attentivement la proposition.
Nous vous fournirons de plus amples informations ici dans les prochains jours.