Est-ce une tempête dans un verre d'eau ? Tout restera-t-il inchangé ?
Les pères nourrissaient de grands espoirs quant au projet de loi du Conseil fédéral. Leur
joie fut d'autant plus grande à la lecture du projet, publié fin janvier 2009.
Ces dernières semaines, des spécialistes de la VeV, en collaboration avec d'autres organisations, ont analysé le projet de plus près et sont parvenus à une conclusion qui donne à réfléchir :
à proprement parler, rien ne changera.

Malgré des propositions législatives en apparence positives, un examen plus approfondi révèle que cet amendement ne changerait pratiquement rien.
Cela est particulièrement flagrant dans l'article 298b, qui stipule : « À la demande d'un parent, le tribunal confie la garde parentale au père ou à la mère si l'intérêt supérieur de l'enfant l'exige. »
 
Or, la loi ne précise aucun critère justifiant cette décision. Pire encore, elle s'appuie une fois de plus sur la notion douteuse d'« intérêt supérieur de l'enfant », une expression que les experts jugent problématique depuis longtemps. Ce prétendu intérêt supérieur de l'enfant peut servir de prétexte à presque n'importe quoi. En réalité, cet article continuera de permettre d'éloigner facilement les parents, et notamment les pères, de la vie de leurs enfants. Vraisemblablement, comme c'est déjà le cas aujourd'hui, la simple mention par une mère de « disputes constantes avec le père » suffirait à inciter n'importe quel juge rétrograde à ordonner l'éloignement du père. Cela est d'autant plus vrai que cela s'inscrirait dans la jurisprudence établie de la Cour suprême fédérale.

Une fois de plus, les pères et leurs enfants seraient à la merci du pouvoir discrétionnaire du juge si l'arbitraire était laissé libre cours. Ils ne pourraient prétendre à aucune sécurité juridique, ni à l'égalité devant la loi.

Le projet de loi ne fait aucune mention de l'égalité souhaitée entre les parents, même après une séparation, et n'aborde ni la médiation ni d'autres moyens de désamorcer les conflits. Les parents en désaccord devront donc continuer à porter leurs différends devant les tribunaux, avec les conséquences néfastes que l'on connaît pour toutes les parties concernées.

Malheureusement, le Conseil fédéral n'a proposé aucune véritable réforme. Ces propositions timides risquent de réduire la garde partagée à un leurre, une mesure inefficace, inutile et sans utilité concrète au quotidien.

est très différent Le projet de loila fédération des associations de parents d'élèves GeCoBi, . Il responsabilise clairement les parents : ils restent responsables de l'éducation de leurs enfants, même en cas de séparation.

Ils partagent la charge de la garde d'enfants et du cofinancement, idéalement à parts égales.
Ce modèle favorise non seulement l'acceptation de la parentalité par les deux parties, mais améliore également le cadre de vie global des enfants, tant sur le plan social qu'émotionnel.

De plus, notre proposition stipule qu'en cas de séparation, les parents devraient se voir offrir, voire être tenus de bénéficier d'une assistance sous forme de mesures de désescalade telles que la médiation et le soutien psychologique. Ceci contraste avec les services actuels comme les tribunaux et les tutelles, qui ont tous tendance à exacerber les conflits.

VeV, ainsi que d'autres organisations, soumettra une réponse au projet de loi dans les prochains jours.
Contrairement à nos espoirs initiaux, cette réponse sera très critique.

À notre avis, le Conseil fédéral a raté une belle occasion et devra nettement améliorer ce projet.