Observer 16/07  Texte : Dominique Strebel, Photo : Renate Wernli
L’Office des migrations de Zurich a décidé que Sonia Idemudia pouvait rester en Suisse pour le moment. Cependant, sa demande de réexamen a été rejetée. Désormais, tout repose sur le gouvernement cantonal.

Sonia Idemudia, âgée de douze ans, devait être expulsée vers le Nigéria fin juillet, séparée de son père suisse et renvoyée chez ses grands-parents âgés (voir l'article « Expulsion : Sonia devrait être autorisée à rester ici »). Selon le journal Beobachter, le bureau des migrations de Zurich a décidé qu'elle pouvait rester avec son père jusqu'à fin septembre. Une prolongation de son séjour, dans l'attente de la décision du gouvernement cantonal sur son recours, a également été envisagée.

Ses camarades de classe n'abandonnent pas Sonia : « Nous nous battons pour elle. »

Mais la situation ne s'arrange pas pour Sonia. Quatre jours seulement après le dépôt de sa demande, le conseiller du gouvernement zurichois en charge, Hans Hollenstein, a rejeté une demande de réexamen. « C'est très décevant », déclare l'avocat de Sonia, Marc Spescha. « Apparemment, M. Hollenstein a pris sa décision sans examiner sérieusement les arguments. » Désormais, tout l'espoir repose sur le Conseil d'État – qui pourrait encore se prononcer en faveur de la jeune fille.

Le sort de Sonia a suscité à la fois compassion et indignation. Ses camarades, ses professeurs et le service de psychologie scolaire ont écrit au Conseil d'État, le suppliant de prendre une décision favorable pour la jeune fille de douze ans, parfaitement intégrée. « S'il vous plaît, laissez-la vivre en Suisse, comme ses jeunes frères et sœurs. » Et : « Nous ne la laisserons pas partir. Nous nous battons pour elle », ont écrit ses camarades. Son ancienne professeure, Daniela Strohmeier, s'interroge : « Quel exemple donne-t-on ? Comment une politique d'immigration stricte peut-elle primer sur le bien-être de l'enfant ? »